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Sous-traitance dans le BTP : les règles à connaître avant de signer

Équipe VerifBTP20 janvier 20268 min

La sous-traitance est le poumon du BTP : elle permet d'absorber un pic d'activité, d'accéder à une compétence spécialisée ou de répondre à un marché plus large. Elle est aussi la source d'une part importante des litiges du secteur, presque toujours parce que le cadre n'a pas été posé avant le démarrage.

Ce qu'est réellement la sous-traitance

La sous-traitance est l'opération par laquelle une entreprise, l'entrepreneur principal, confie à une autre entreprise l'exécution de tout ou partie du marché qu'elle a conclu avec le maître d'ouvrage. Elle est encadrée par la loi du 31 décembre 1975. Deux conséquences pratiques : le sous-traitant n'a pas de contrat avec le maître d'ouvrage, mais la loi lui accorde des protections spécifiques que l'entrepreneur principal ne peut pas écarter.

Attention à la confusion fréquente avec le prêt de main-d'œuvre. Si le personnel mis à disposition travaille sous les ordres de l'entreprise cliente, avec ses moyens et sans obligation de résultat propre, ce n'est plus de la sous-traitance mais du prêt de main-d'œuvre, illicite lorsqu'il est à but lucratif. Le sous-traitant doit conserver son autonomie d'organisation, encadrer ses salariés et s'engager sur un résultat.

Avant de signer : la checklist du donneur d'ordre

L'obligation de vigilance

Tout donneur d'ordre concluant un contrat d'au moins 5 000 € HT doit obtenir de son sous-traitant, à la signature puis tous les six mois jusqu'à la fin du contrat, une attestation de vigilance URSSAF, un justificatif d'immatriculation (extrait Kbis ou avis SIRENE) et, le cas échéant, la liste nominative des salariés étrangers soumis à autorisation de travail. À défaut, vous risquez la solidarité financière : le paiement des cotisations, majorations et pénalités dues par votre sous-traitant.

Les autres pièces à réclamer

Exigez systématiquement l'attestation d'assurance responsabilité civile professionnelle et décennale en cours de validité, couvrant précisément l'activité confiée : une décennale « maçonnerie » ne couvre pas une intervention en couverture. Vérifiez également la carte BTP des intervenants et, sur les lots concernés, les qualifications requises (RGE si le chantier ouvre droit à une aide, habilitations électriques, certification amiante sous-section 4).

La déclaration et l'agrément

Le sous-traitant doit être présenté au maître d'ouvrage pour acceptation, et ses conditions de paiement agréées. Cette formalité, souvent négligée en marché privé, conditionne l'accès à l'action directe. Un sous-traitant non déclaré perd une protection majeure, et l'entrepreneur principal engage sa responsabilité.

Les protections du sous-traitant

Caution ou délégation de paiement

En marché privé, l'entrepreneur principal doit fournir au sous-traitant une caution bancaire garantissant le paiement des sommes dues, ou une délégation de paiement du maître d'ouvrage. Sans cette garantie, le contrat de sous-traitance est nul, et cette nullité peut être invoquée par le sous-traitant. C'est le point le plus souvent oublié, et le plus protecteur.

L'action directe

Si l'entrepreneur principal ne paie pas dans le mois suivant une mise en demeure, le sous-traitant accepté et dont les conditions de paiement ont été agréées peut réclamer son paiement directement au maître d'ouvrage, dans la limite de ce que ce dernier doit encore à l'entreprise principale. En marché public, le paiement direct est la règle au-delà de 600 €.

Les délais de paiement

Le délai légal est de 30 jours après réception de la facture, extensible à 60 jours si le contrat le prévoit expressément. Les retenues de garantie sont plafonnées à 5 % et doivent être libérées un an après la réception, sauf réserves notifiées.

Rédiger un contrat qui tient

Un contrat de sous-traitance utile précise le périmètre exact des travaux et ce qui en est exclu, le prix et ses modalités de révision, le planning et les pénalités de retard, la répartition des frais de chantier (électricité, eau, bennes, échafaudage, cantonnement, nettoyage), le compte prorata, les assurances, la procédure de validation des travaux supplémentaires et les conditions de réception. Les travaux modificatifs doivent faire l'objet d'un avenant écrit signé avant exécution : c'est la première cause de contentieux entre entreprises.

Choisir le bon partenaire

Les documents administratifs prouvent la régularité, pas la fiabilité. Un sous-traitant peut être parfaitement à jour de ses obligations et abandonner un chantier à la moitié. À l'inverse, un donneur d'ordre peut être solvable et payer systématiquement à 90 jours. C'est précisément ce que l'évaluation entre confrères permet de documenter : sur VerifBTP, chaque chantier publié en sous-traitance s'accompagne du profil et de l'historique du professionnel en face, afin que l'engagement se prenne en connaissance de cause.